Frontoplastie : une chirurgie réservée aux femmes ?
Non. La frontoplastie n’est pas une chirurgie “réservée” à un sexe. Ce qui change, c’est l’intention esthétique et la stratégie chirurgicale. On associe souvent la frontoplastie aux femmes parce qu’elle est fréquemment utilisée pour adoucir certains marqueurs osseux.
Mais, en pratique, la frontoplastie cisgenre concerne aussi des hommes qui souhaitent un résultat discret, naturel, et cohérent avec des codes masculins.
Chez l’homme, on ne cherche généralement pas à obtenir un front arrondi et très lisse “à tout prix”. La demande est plutôt :
- atténuer une proéminence
- diminuer un aspect “sourcils très projetés”
- corriger une impression de front fuyant ou au contraire trop bombé
- ou rééquilibrer la zone fronto-orbitaire avec le reste du visage (nez, pommettes, menton)
Autrement dit, la frontoplastie peut servir des objectifs très variés : féminiser, masculiniser, ou simplement harmoniser. La notion clé est la personnalisation.
Pourquoi un homme cisgenre peut-il vouloir une frontoplastie ?
Les motivations les plus courantes sont esthétiques, mais pas uniquement.
Un homme peut envisager une frontoplastie masculine pour :
1. Adoucir un relief osseux trop marqué
Certaines personnes ont une “barre” sus-orbitaire (au-dessus des yeux) très proéminente, donnant un regard jugé sévère, fatigué ou fermé.
Une réduction frontale homme peut diminuer ce relief, sans transformer la personnalité du visage.
2. Corriger une ligne frontale haute
Une ligne frontale haute peut être vécue comme un déséquilibre, surtout si elle s’associe à une implantation des cheveux reculée.
Selon les cas, une approche combinée peut être discutée : remodelage osseux + travail sur la ligne capillaire (avancement du cuir chevelu ou traitement capillaire/greffe), si cela correspond au projet.
3. Rééquilibrer les proportions du visage
Un front très dominant peut “écraser” le reste du visage.
À l’inverse, un front fuyant peut donner l’impression d’un tiers supérieur insuffisant.
Le remodelage masculin du front vise alors l’harmonie globale : profil, trois-quarts, expression.
4. Traiter une asymétrie ou une séquelle
Traumatisme ancien, irrégularité osseuse, séquelle chirurgicale : la frontoplastie peut aussi être reconstructrice, avec un objectif de symétrie et de restauration des volumes.
5. Rajeunir subtilement l’expression
Sans être un lifting, l’amélioration des volumes et des reliefs peut rendre le regard plus ouvert et moins “dur”, ce que certains recherchent dans une démarche de chirurgie esthétique.
La chirurgie est-elle adaptée à l’anatomie masculine ?
Oui, à condition de respecter les spécificités anatomiques et les objectifs du patient.
L’anatomie masculine présente souvent :
- une zone sus-orbitaire plus projetée
- une structure osseuse plus épaisse
- et parfois un sinus frontal plus développé selon les individus
C’est précisément pour cela qu’il n’existe pas une seule technique universelle. Le chirurgien choisit la méthode en fonction de la morphologie (épaisseur osseuse, forme du sinus frontal, profondeur, asymétries) et du résultat souhaité.
En simplifiant, on peut rencontrer deux grands types d’approche :
- Remodelage osseux par fraisage/contouring : utile quand la correction nécessaire est modérée et que l’anatomie s’y prête
- Reconstruction frontale plus structurée : envisagée quand la proéminence est importante ou lorsque la zone nécessite un travail plus profond et sécurisé autour du sinus frontal
La consultation préopératoire est essentielle : elle permet de clarifier le projet (front plus plat ? plus vertical ? relief conservé mais atténué ?) et de définir une stratégie réaliste et sur mesure.
Quels sont les résultats et les risques ?
Résultats attendus
Les résultats d’une chirurgie du front homme sont généralement appréciés lorsqu’ils restent naturels : un front plus harmonieux, un regard moins “lourd”, une transition plus douce entre le front et les arcades sourcilières, sans impression de visage “changé”. La clé est de viser une correction cohérente avec des traits masculins : on peut réduire un relief sans l’effacer totalement.
Le résultat s’apprécie progressivement : l’œdème (gonflement) et les tensions du cuir chevelu peuvent mettre plusieurs semaines à se résorber, et le rendu final peut continuer à s’affiner sur quelques mois.
Risques et effets secondaires possibles
Comme toute chirurgie, la frontoplastie comporte des risques, variables selon la technique et le terrain du patient :
- hématome, infection (rares mais possibles)
- œdème et ecchymoses
- troubles de la sensibilité du front ou du cuir chevelu (souvent transitoires)
- cicatrice visible ou élargie (selon la qualité de peau et la technique d’incision)
- asymétrie résiduelle ou correction jugée insuffisante/excessive
- complications spécifiques si le sinus frontal est concerné (raison pour laquelle l’évaluation préopératoire est déterminante)
Le meilleur moyen de limiter ces risques reste un plan opératoire adapté, une information claire, et un suivi post-opératoire rigoureux.
En résumé : oui, un homme cisgenre peut faire une frontoplastie. La frontoplastie n’est pas une chirurgie genrée : c’est une chirurgie de proportions. Qu’il s’agisse d’une frontoplastie cisgenre, d’une réduction frontale homme ou d’un remodelage front masculin, l’objectif est le même : obtenir un résultat équilibré, naturel, et fidèle à l’identité du visage.